Série documentaire : les sapeurs de Bloizzaville

Le Ministère de la Culture joue la proximité. La scène nationale de Blois, la Halle aux Grains dirigée par Catherine Bizouarn, décide de créer un projet de territoire en misant sur la mise en lumière d’un patrimoine culturel majeur mais méconnu, les sapeurs. Aux premières heures du projet, la scène nationale part à la rencontre des associations communautaires congolaises et de quelques fortes têtes de la SAPE, la Société des ambianceurs et des personnes élégantes pour tenter d’écrire collectivement une histoire artistique et sociale.

Le projet est d’abord artistique : il s’agit de créer Viser le Beau, composition chorégraphique de Delavallet Bidiefono. Toutefois, se construisent des idées permettant de construire une caisse de résonance importante pour le projet. La série photos de Charles Fréger au Château de Blois, le stylisme de Pascale Barré pour faire de Blésois peu sapeurs des maîtres de l’élégance, la préparation de la Nuit de la SAPE pour donner à voir cette culture de la SAPE à la Halle aux Grains de Blois.

Réalisations

Pour la Scène nationale, il est nécessaire de construire un récit de ces deux années de projet à faire du cousu main avec les habitants, les artistes et l’équipe de la Halle aux grains de Blois. Mais ce récit doit permettre très justement d’amener plus loin, de souligner la démarche expérimentale sur le processus de médiation culturelle. C’est pourquoi la Halle aux grains décide de faire appel à un documentariste pour assurer une enquête de terrain sur les sapeurs ainsi qu’une relecture sociologique du projet. Ce projet a de particulier dans sa manière de fonctionner qu’il met très clairement en évidence le rôle de médiation culturelle d’un documentariste au contact du sujet pendant 5 mois. Ainsi, les entretiens menés pour constituer une trace documentaire donnent aussi des pistes de construction de la proposition artistique, celle de la Nuit de la SAPE.

. Scénarisation et production d’une série documentaire en vidéo Les sapeurs de Bloizzaville – 10 épisodes et un teaser.

. Production d’une enquête journalistique écrite « Couleurs sur la ville », d’un entretien avec l’auteur du Dictionnaire de la SAPE, de biographies des participants pour une édition papier événementielle.

. Contribution à la définition de la proposition de la Nuit de la SAPE par la conférence d’Elvis Guérite Makouezi, auteur du Dictionnaire de la SAPE

Méthode de travail

Le cœur de ce projet est bien l’enquête journalistique qui décode, analyse, met en lumière et donne à voir une réalité : celle des sapeurs. Pendant cinq mois, il est question de nouer une confiance avec des personnes très différentes pour évoquer la SAPE, en misant sur une lecture sociale et politique du mouvement. Ainsi, on croise l’histoire récente de Blois et le début du XXe siècle d’où la SAPE trouvera des codes toujours utilisés aujourd’hui. Mais il est aussi question d’immersion, pour tenter de trouver un rapport juste et sensible dans la narration, en évitant les clichés et caricatures su un sujet qui peut vite être travesti par un propos réducteur montrant la SAPE comme un folklore. Le pari de départ est clair : la SAPE est une culture partagée, tentons de donner à voir ses codes et spécificités.

Cette enquête est valorisée en détails dans la série documentaire vidéo et en récit journalistique dans l’édition papier spéciale.

Anecdotes de tournage

Du ventre de Paris pour rencontrer le Ministère de la SAPE aux salles des fêtes du Loire-et-Cher pour vivre une soirée de match avec les sapeurs de Blois, l’enquête ne manque pas de rebond. À commencer par la manière dont les sapeurs aiment l’image, et la pose pour tenter d’être, le temps d’un entretien, le meilleur de tous. Cette enquête de quelques mois ouvre le champ à d’autres collaborations pour continuer de raconter l’histoire de la SAPE dans ce qu’elle a de philosophique et sociale.

Powered by Dragonballsuper Youtube Download animeshow